Deuxième partie de notre série sur la santé respiratoire équine
Dans la première partie de cette série, nous avons expliqué ce qu’est réellement la toux, comment reconnaître les différents types de toux et quelles sont les causes les plus fréquentes chez les chevaux – de la poussière et des virus jusqu’aux allergies et à l’asthme.
Maintenant que vous savez pourquoi votre cheval tousse, il est temps de voir ce que vous pouvez faire ensuite.
Dans cet article, nous aborderons :
- les premières mesures pratiques à prendre lorsque votre cheval commence à tousser
- à quel moment il faut arrêter d’observer et appeler le vétérinaire
- quels examens diagnostiques votre vétérinaire peut recommander
- quelles options de traitement sont les plus efficaces et quand les utiliser
Qu’il s’agisse d’une toux nouvelle et inexpliquée ou d’un problème récurrent, ce guide vous aidera à agir avec calme, assurance et en connaissance de cause.
Commençons par la première réaction que tout propriétaire de cheval devrait connaître.
Première réaction : Que faire lorsque votre cheval tousse
Quand votre cheval tousse de façon inattendue, il est souvent difficile de savoir par quoi commencer. Suivez ces étapes pratiques :

✅ Observez attentivement :
- Est-ce que cela arrive une seule fois ou plusieurs fois d’affilée ?
- À quel moment cela se produit-il — au repos, pendant le travail, à l’écurie, après le repas ?
- ✅ Soyez attentif à d’autres signes :
- Écoulement nasal (clair ou coloré ?)
- Augmentation de la fréquence respiratoire ou effort respiratoire visible
- Changement d’appétit, de comportement ou de niveau d’énergie
- Température élevée (au-dessus de 38,5 °C)
- ✅ Prenez des notes :
- Tenez un court journal des épisodes de toux et des autres symptômes.
Cela sera très utile si vous devez consulter votre vétérinaire par la suite.
- Tenez un court journal des épisodes de toux et des autres symptômes.
- ❌ Ne supposez pas que ce n’est que de la “poussière”.
- Même une seule quinte de toux peut être le premier signe d’un problème naissant, en particulier chez les chevaux sensibles des voies respiratoires.
- ❌ Ne donnez pas de médicaments immédiatement.
- Évitez de donner des antibiotiques restants ou un sirop contre la toux sans diagnostic clair.
Cela peut masquer les symptômes et retarder un traitement adéquat.
- Évitez de donner des antibiotiques restants ou un sirop contre la toux sans diagnostic clair.
Votre première réaction donne le ton.
Une observation rapide et calme est plus utile que la panique ou l’inaction totale.
Quand appeler le vétérinaire
Toutes les toux ne nécessitent pas une intervention vétérinaire immédiate, mais certaines oui. Il vaut mieux appeler tôt que d’attendre que la situation s’aggrave. Voici quand décrocher le téléphone :

🚨 Appelez votre vétérinaire immédiatement si vous observez :
- une toux au repos, surtout si elle est fréquente ou s’aggrave
- de la fièvre (au-dessus de 38,5 °C)
- un écoulement nasal épais, jaune ou vert
- une respiration rapide ou difficile (dilatation des naseaux, effort abdominal visible)
- une perte d’appétit ou de la léthargie
- un refus de se déplacer, de se lever, ou des signes de malaise général
- des gencives bleutées, grises ou très pâles (signe de manque d’oxygène – urgence)
🕐 Contactez votre vétérinaire dans les jours suivants si :
- la toux persiste plus de 3-4 jours, même si elle est légère
- la toux se répète (par exemple à l’entraînement ou à l’écurie)
- vous remarquez un schéma, comme une toux liée à certaines conditions météo ou à un certain environnement
- le cheval a des antécédents d’asthme ou d’allergies et les symptômes s’aggravent
- vous n’êtes pas sûr que l’environnement actuel soit adapté ou sûr
⚠️ N’attendez pas que la situation dégénère.
Un diagnostic et un traitement précoces peuvent faire la différence entre une guérison simple et une affection durable.
Le temps est précieux, surtout pour les chevaux aux poumons sensibles.
Diagnostic : ce que votre vétérinaire peut recommander
Lorsque vous appelez votre vétérinaire pour un cheval qui tousse, l’objectif n’est pas seulement de traiter le symptôme, mais d’identifier la cause sous-jacente. Un diagnostic complet peut inclure les étapes suivantes :

🔍 Examen clinique
- Auscultation des poumons et de la trachée avec un stéthoscope
- Observation de la fréquence respiratoire, du rythme et de l’effort respiratoire
- Contrôle de la température, du rythme cardiaque et des ganglions lymphatiques
🔬 Endoscopie (examen des voies respiratoires)
- Introduction d’une caméra par le nez jusque dans la trachée
- Permet une inspection visuelle du mucus, d’une inflammation ou d’un éventuel saignement
- Peut servir à prélever des échantillons (lavage trachéal)
💦 LBA — lavage broncho-alvéolaire
- Une petite quantité de liquide stérile est injectée dans les voies respiratoires profondes, puis récupérée
- Analyse pour détecter la présence de cellules inflammatoires, de bactéries ou d’allergènes
- Essentiel pour diagnostiquer l’asthme équin (RAO / IAD)
🧪 Analyses de laboratoire
- Cultures du lavage trachéal ou du prélèvement de LBA — identification d’infections bactériennes
- Analyses sanguines — recherche de signes d’inflammation, d’infection ou de réaction immunitaire
- Tests d’allergie (intradermiques ou sériques) — optionnels, mais parfois utiles
💩 Analyse des fèces (si suspicion de parasites)
- Recherche de larves de strongles pulmonaires
- Particulièrement important chez les jeunes chevaux ou ceux qui partagent un pâturage avec des ânes
Un diagnostic précis permet de mettre en place un traitement efficace et d’éviter l’utilisation inutile de médicaments.
Il facilite également un meilleur suivi à long terme — surtout si votre cheval présente ou développe une maladie respiratoire chronique.
Options de traitement : ce qui aide et quand
Une fois que votre vétérinaire a identifié la cause probable de la toux, le traitement peut commencer. Il peut être simple et de courte durée, ou nécessiter une approche plus structurée et à long terme. Voici les recommandations possibles :

💊 Médicaments anti-inflammatoires
- Corticostéroïdes (ex. : dexaméthasone, prednisolone) — utilisés pour réduire l’inflammation des voies respiratoires, en particulier en cas d’asthme.
- AINS / anti-inflammatoires non stéroïdiens (ex. : flunixine) — utilisés lorsque l’inflammation est plus légère ou liée à une infection.
⚠️ Important : les corticostéroïdes sont très efficaces, mais doivent être utilisés avec prudence, surtout chez les chevaux sujets à la fourbure !
💉 Antibiotiques
- Prescrits uniquement si une infection bactérienne est confirmée ou fortement suspectée (ex. : couleur du mucus, fièvre, résultats d’analyses).
- Leur usage abusif peut retarder la guérison et entraîner une résistance. Ils ne doivent donc pas être administrés « au cas où ».
🌬️ Thérapie par inhalation (nébulisation)
- Les médicaments sont administrés directement dans les poumons à l’aide d’inhalateurs ou de nébuliseurs.
- Souvent utilisés pour les corticostéroïdes, bronchodilatateurs ou solution saline pour fluidifier le mucus.
- Particulièrement utile dans les cas chroniques, comme l’asthme équin.
🌿 Compléments et soins de soutien
- Antioxydants (ex. : vitamine E, sélénium) — aident à gérer le stress oxydatif.
- Plantes et soutien naturel (ex. : bouillon-blanc, spiruline, MSM) — peuvent aider à éliminer le mucus ou à réduire l’inflammation.
- Électrolytes — soutiennent l’hydratation, notamment par temps chaud.
ℹ️ Note : consultez toujours votre vétérinaire avant de donner des compléments, surtout si votre cheval reçoit déjà des médicaments.
(Voir notre article dédié aux compléments qui soutiennent la santé respiratoire.)
🧘 Repos et récupération
- Les chevaux souffrant d’infection ou d’inflammation aiguë bénéficient d’une réduction du travail.
- Un exercice léger (ex. : marche) peut aider à mobiliser le mucus — demandez à votre vétérinaire ce qui est approprié.
🧹 Gestion de l’environnement (indispensable dans tous les cas)
- Réduction de la poussière : faire tremper ou vapeuriser le foin, améliorer la ventilation, éviter la litière en paille
- Écurie propre : éviter l’accumulation d’ammoniac, enlever les toiles d’araignée et les pièges à poussière
- Localisation du box : aussi loin que possible des manèges intérieurs ou des écuries très fréquentées
Même avec un traitement, une mauvaise qualité de l’air peut continuer à irriter les poumons.
La gestion de l’environnement représente la moitié de la guérison.
✅ Résumé
Si votre cheval commence à tousser, ne paniquez pas — mais ne l’ignorez pas non plus.
Une intervention précoce peut faire toute la différence, surtout si la toux indique une infection ou une aggravation d’un problème sous-jacent.
Dans cette deuxième partie de notre série, nous avons vu :
- quoi observer dans les premiers instants
- comment décider quand consulter le vétérinaire
- quelles méthodes diagnostiques permettent d’identifier la cause
- quelles stratégies de traitement existent — des médicaments aux changements environnementaux
Une action rapide, encadrée par votre vétérinaire et combinée à une bonne gestion quotidienne, permet souvent d’éviter qu’un petit problème devienne sérieux ou chronique.
👉 Et maintenant : Toux chronique — gestion et prévention
Dans la troisième et dernière partie de notre série, nous aborderons :
- des stratégies préventives pour éviter que la toux ne commence
- ce que signifie une toux chronique et comment la gérer
- comment soutenir les chevaux atteints de troubles respiratoires à long terme
- des conseils pratiques et motivants pour gérer l’asthme et les allergies au quotidien
Restez avec nous — ne vous contentez pas de traiter les symptômes, renforcez la santé respiratoire de votre cheval.
